"Yo señor no soy malo aunque no me faltarían motivos para serlo. Los mismos cueros tenemos todos los mortales al nacer y sin embargo, cuando vamos creciendo, el destino se complace en variarnos como si fuésemos de cera y en destinarnos por sendas diferentes al mismo fin: la muerte. Hay hombres a quienes se les ordena marchar por el camino de las flores, y hombres a quienes se les manda por el camino de los cardos y de las chumberas. Aquellos gozan de un mirar sereno y al aroma de su felicidad sonríen con la cara del inocente; estos otros sufren del sol violento de la llanura y arrugan el ceño como las alimañas por defenderse. Hay mucha diferencia entre adornarse las carnes con arrebol y colonia, y hacerlo con tatuajes que después nadie ha de borrar ya." -- Camilo José Cela, La Familia de Pascual Duarte (1942)

30/07/2007

30/07/07 - 04:33

Des Grecs dans mes assiettes ?...




Saloperie de mort !!!
Adieu, monsieur Serrault. Vous allez me manquer. Très fort.

29/07/2007

29/07/07 - 17:17

A Taste of Honey




de Tony Richardson, avec Rita Tushingham et Murray Melvin (1961)

28/07/2007

28/07/07 - 01:45

Angoisse




Je ne viens pas ce soir vaincre ton corps, ô bête
En qui vont les péchés d'un peuple, ni creuser
Dans tes cheveux impurs une triste tempête
Sous l'incurable ennui que verse mon baiser :

Je demande à ton lit le lourd sommeil sans songes
Planant sous les rideaux inconnus du remords,
Et que tu peux goûter après tes noirs mensonges,
Toi qui sur le néant en sais plus que les morts :

Car le Vice, rongeant ma native noblesse,
M'a comme toi marqué de sa stérilité,
Mais tandis que ton sein de pierre est habité

Par un coeur que la dent d'aucun crime ne blesse,
Je fuis, pâle, défait, hanté par mon linceul,
Ayant peur de mourir lorsque je couche seul.

-- Stéphane Mallarmé

26/07/2007

26/07/07 - 13:55

Iran : 16 pendaisons sans polémique (suite)




La semaine dernière, [iran-resist.org] a signalé la pendaison massive de 12 prisonniers en Iran. En se référant aux déclarations de Jamshidi, le porte-parole du ministère de la justice du régime, on avait compris que les victimes étaient les jeunes des quartiers populaires qui avaient été arrêtés le 20 mai (ci-dessus).

Nous avons reçu les images des 12 condamnés à mort et ce ne sont pas ces jeunes arrêtés par des miliciens cagoulés et armés de sabre

Par ailleurs, les premiers communiqués du ministère de la justice du régime évoquaient le chef d’inculpation de relations sodomites, ce qui avait déclenché une campagne internationale de militants homosexuels auxquels nous avons apporté notre soutien en diffusant des textes qui avaient été censurés ailleurs.

Suite à cette campagne, le régime des mollahs a supprimé la mention de « relations sodomites » de ses différents communiqués, et dans le film joint, il n’est plus question de ce genre d’accusations, mais d’enlèvements, de viols et de trafic de stupéfiants. Les douze condamnés sur le point être pendus sont tous présentés comme des « criminels connus» et multirécidivistes.

Dans l’ordre de l’apparition sur la vidéo : Hossein Rouh-zadeh et Abol-Fazl Sadeghi (agressions physiques, troubles à l’ordre public, vols, enlèvements et viols), Ebrahim Eskandari (meurtres, vols à main armée et recel), Siamak Dousti (vente et livraison de stupéfiants), Gholam-Hossein Shadab (vente et livraison d’importantes quantités de stupéfiants), Fazel Ramezani (intimidations, vols à main armée, incendies volontaires, trafic d’armes, violences sur miliciens), Hojat-Morad Mohammadi (intimidations, vols à main armée, incendies volontaires, trafic d’armes, violences sur miliciens), Babak Doust-Hosseini (vente et livraison de stupéfiants, trafic d’armes), Sorour Hosseini (vente et livraison de stupéfiants, trafic d’armes), Akbar Zahin Mobarran (vente et livraison de stupéfiants, violences), Rassoul Amin-zadeh (vente et livraison de stupéfiants, trafic d’armes), Hamid-ollah Toutazahi (vente et livraison de stupéfiants, violences). Ils ont été pendus dans l’enceinte de la prison.

Les interviews des détenus réalisées par la télévision iranienne quelques minutes avant leur exécution peuvent être visionnées sur le site de Iran-resist.org. Cliquez ici pour afficher la page. Attention, si cette vidéo ne contient pas d'images violentes, la seconde, en revanche, sur la pendaison publique, à Tabriz, de trois condamnés, dont une femme, est insoutenable.

Source : iran-resist.org

25/07/2007

25/07/07 - 13:53

"Ne craignez rien, c'est français, c'est la police française !"


C’est au tour des inspecteurs du travail de s’élever contre Brice Hortefeux, le ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale. Quatre syndicats de l’inspection du travail ont déposé un recours devant le Conseil d’Etat contre un décret d’attribution du ministre qui lui permet d’utiliser les inspecteurs du travail dans la recherche des travailleurs étrangers illégaux.

"Nous attendons la décision du Conseil d’Etat." Le commentaire laconique du service de la communication du nouveau ministère de l’Immigration témoigne de l’embarras dans lequel se trouve Brice Hortefeux. Dans ce ministère hybride, le mot d’ordre principal semble être, pour le moment, "expulsions". A tel point qu’un "décret Hortefeux" publié le 1er juin suscite la colère des inspecteurs du travail.

Ce décret permet de placer la Direction générale du travail sous l’autorité du ministère de l’Immigration, alors même que son référent principal est le ministère du Travail, en conformité avec la convention n°81 de l’Organisation internationale du travail (OIT), qui garantit l’indépendance de l’inspection du travail.

En clair, avec ce nouveau décret, la police pourra entrer dans n’importe quelle entreprise, à n’importe quel moment, pour y effectuer des contrôles. Ce qui n’était pas le cas avant, l’autorisation d’un juge étant un préablable à tout contrôle effectué par les services de police. Les inspecteurs du travail ont, eux, ce droit de contrôle permanent sur les entreprises.

Pour les quatre syndicats, représentant 80% de la profession, l'objectif de Brice Hortefeux est clair: "Bourrer les charters." Aspiration qui ne colle pas tout à fait à l'idée que se font de leur métier les inspecteurs du travail: "Les dispositions qu'on applique sont celles du code du travail, qui protègent les salariés..."

-- Source : Rue89 (lire la suite de l'article : [www])

24/07/2007

24/07/07 - 17:34

La France de ceux qui se Kouchner (suite)


Dans un entretien publié mardi 24 juillet dans le quotidien Corse-Matin, Bernard Kouchner affirme que les positions de Nicolas Sarkozy "sont souvent des positions qui ont été défendues par la gauche". [Ben voyons !]
Qualifiant leurs relations de "très directes et très franches", le ministre des Affaires étrangères explique qu'il "essaie de l'influencer mais que c'est lui qui décide".
Il souligne aussi qu'il "règne entre (eux) une entente exceptionnelle" et que, lors de réunions en groupe de travail, le président "plaisante en disant qu'il est le seul d'entre nous à ne pas être socialiste". "En réalité, ajoute le ministre, les positions qu'il prend sont souvent des positions qui ont été défendues par la gauche".

-- Source : NouvelObs.com [www]

Kouchner, ministre (a)Libye de Sarko ?...
Pauvre gauche...

24/07/07 - 12:44

Le coup d'éclat permanent...




Il va falloir s'y habituer...

Vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas.

23/07/2007

23/07/07 - 10:41

Iran : 16 pendaisons sans polémique


Le procureur Saïd Mortazavi a triomphalement annoncé la pendaison de « 16 des plus célèbres voyous de Téhéran ». Douze d’entre eux ont été pendus ce dimanche à l’aube à l’intéreur de la prison d’Evin et quatre autres avaient été exécutés la semaine dernière. Il s’agit des personnes dont le porte-parole du système judiciaire avait la semaine dernière annoncé la prochaine pendaison.

Il est à noter que dans le nouveau communiqué officiel du régime, diffusé par le procureur de Téhéran, on évoque des charges comme enlèvements, viols et trafic de drogue, mais il n’est plus question de sodomie (mot qui désigne l’homosexualité).

De même, dix-sept autres personnes accusées de viols, enlèvements et trafic de drogue attendent la décision du tribunal et seront vraisemblablement pendues, mais là encore le régime évite d’utiliser des mots qui pourront déclencher une campagne internationale sur le thème sensible de la répression des homosexuels.

Ces « criminels célèbres » n’avaient pas été appréhendés pendant leurs terribles forfaits : il s’agit de jeunes qui ont été tirés du lit par des miliciens cagoulés armés de matraques, de mitraillettes et de sabres !

Ils avaient alors été rudement molestés avant d’être embarqués, et toute l’opération avait été filmée de A à Z par des cameramen suivant pas à pas les hommes armés de sabre.

De nombreux Iraniens pensent que les jeunes appréhendés et finalement pendus n’étaient pas des criminels, mais des jeunes charismatiques des quartiers populaires qui tenaient tête aux véritables voyous que sont les miliciens du régime (Pasdaran ou Bassidjis).

Dans un premier temps, ces jeunes avaient été accusés de tout et finalement ils ont été pendus sans aucune référence à un thème sensible et mobilisateur en Europe. Cette modification sera suivie d’un grand soulagement chez les journalistes français qui se verront exemptés de la corvée de protestation contre leur pendaison.

Source : Iran-resist.org [www]

15/07/2007

15/07/07 - 14:02

Caillera...


Deux frères cadets de Rachida Dati, ministre de la justice, font l'objet d'une procédure judiciaire pour trafic de cannabis, ont indiqué vendredi 13 juillet différents médias : Jamal Dati comparaîtra mardi 17 juillet devant la cour d'appel de Nancy, après avoir été condamné en première instance pour trafic de stupéfiants, a révélé le quotidien Aujourd'hui en France-Le Parisien. Quant à Omar Dati, il est placé sous contrôle judiciaire depuis juin 2005, après avoir été interpellé dans le cadre d'une enquête portant sur un trafic de haschisch dans la région châlonnaise, a indiqué à l'AFP une source judiciaire.

D'après un magistrat anonyme cité par le journal, "si l'on appliquait à la lettre le projet Sarkozy-Dati sur les multirécidivistes, Jamal Dati devrait être condamné lourdement". La garde des sceaux a présenté le 5 juillet au Sénat un projet de loi instaurant des peines plancher pour les récidivistes.

-- Source : LeMonde.fr

(On espère que les sanctions seront sévères. Tolérance zéro pour ces djeunes délinquants ! -- et en plus issus de l'immigration !!! Charter ou pas charter ? Dati ze question.)

14/07/2007

14/07/07 - 15:20

Aujourd'hui, 14 juillet,

ce blog est en grève pour cause de défilé.

GUERRE A LA GUERRE !


La guerre, c'est un massacre de gens qui ne se connaissent pas
au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas. (Paul Valery)




13/07/2007

13/07/07 - 20:03

Knocking On Heaven's Door


13/07/07 - 15:05



Le premier commissariat virtuel pourrait ouvrir ses portes dès l'an prochain. Le projet a en tout cas été officialisé par la ministre de l'intérieur, Michèle Alliot-Marie, vendredi 6 juillet, à Melun, à l'occasion de la 7e rencontre avec les associations d'aide aux victimes. Cela prendra la forme d'un site où l'on pourra déposer une plainte contre X... pour des délits mineurs.

Selon le ministère, ce projet, qui sera expérimenté avant la fin de l'année "sur plusieurs sites de police, notamment celui de la sécurité publique, et dans quelques départements", va bénéficier d'une enveloppe de 3,4 millions d'euros.

Ce dispositif permettra à tout citoyen, connecté à Internet, de porter plainte en ligne auprès de ce commissariat virtuel depuis son domicile.

-- Source : le Monde.fr

11/07/2007

11/07/07 - 14:23




"Il ne faut à aucun prix qu'un être, par sa trahison, nous décourage d'avoir plus jamais confiance en d'autres êtres. Il aurait trop gagné, s'il avait tué en nous la confiance faite à notre prochain."

-- Henry de Montherlant

11/07/07 - 02:13



Yo, señor, no soy malo, aunque no me faltarían motivos para serlo. Los mismos cueros tenemos todos los mortales al nacer y sin embargo, cuando vamos creciendo, el destino se complace en variarnos como si fuésemos de cera y en destinarnos por sendas diferentes al mismo fin : la muerte. Hay hombres a quienes se les ordena marchar por el camino de las flores, y hombres a quienes se les manda tirar por el camino de los cardos y de las chumberas. Aquélos gozan de un mirar sereno y al aroma de su felicidad sonríen con la cara del inocente ; estos otros sufren del sol violento de la llanura y arrugan el seño como las alimañas por defenderse. Hay mucha diferencia entre adornarse las carnes con arrebol y colonia, y hacerlo con tatuajes que después nadie ha de borrar ya.

-- Camilo José Cela, La Familia de Pascual Duarte

10/07/2007

10/07/07 - 00:03

Supplique pour être enterré




La Camarde, qui ne m'a jamais pardonné
D'avoir semé des fleurs dans les trous de son nez,
Me poursuit d'un zèle imbécile.
Alors cerné de près par les enterrements,
J'ai cru bon de remettre à jour mon testament,
De me payer un codicille.

Trempe dans l'encre bleue du Golfe du Lion,
Trempe, trempe ta plume, ô mon vieux tabellion,
Et de ta plus belle écriture,
Note ce qu'il faudrait qu'il advint de mon corps,
Lorsque mon âme et lui ne seront plus d'accord,
Que sur un seul point : la rupture.

Quand mon âme aura pris son vol à l'horizon
Vers celle de Gavroche et de Mimi Pinson,
Celles des titis, des grisettes,
Que vers le sol natal mon corps soit ramené,
Dans un sleeping du Paris-Méditerranée,
Terminus en gare de Sète.

Mon caveau de famille, hélas ! n'est pas tout neuf,
Vulgairement parlant, il est plein comme un œuf,
Et d'ici que quelqu'un n'en sorte,
Il risque de se faire tard et je ne peux
Dire à ces braves gens : "poussez-vous donc un peu !",
Place aux jeunes en quelque sorte.

Juste au bord de la mer à deux pas des flots bleus,
Creusez si c'est possible un petit trou moelleux,
Une bonne petite niche,
Auprès de mes amis d'enfance, les dauphins,
Le long de cette grève où le sable est si fin,
Sur la plage de la corniche.

C'est une plage où même à ses moments furieux,
Neptune ne se prend jamais trop au sérieux,
Où quand un bateau fait naufrage,
Le capitaine crie : "Je suis le maître à bord !
Sauve qui peut, le vin et le pastis d'abord,
Chacun sa bonbonne et courage".

Et c'est là que jadis à quinze ans révolus,
A l'âge où s'amuser tout seul ne suffit plus,
Je connus la prime amourette.
Auprès d'une sirène, une femme-poisson,
Je reçus de l'amour la première leçon,
Avalai la première arête.

Déférence gardée envers Paul Valéry,
Moi l'humble troubadour sur lui je renchéris,
Le bon maître me le pardonne.
Et qu'au moins si ses vers valent mieux que les miens,
Mon cimetière soit plus marin que le sien,
Et n'en déplaise aux autochtones.

Est-ce trop demander ? Sur mon petit lopin,
Plantez, je vous en prie, une espèce de pin,
Pin parasol de préférence,
Qui saura prémunir contre l'insolation,
Les bons amis venus faire sur ma concession
D'affectueuses révérences.

Cette tombe en sandwich entre le ciel et l'eau,
Ne donnera pas une ombre triste au tableau,
Mais un charme indéfinissable.
Les baigneuses s'en serviront de paravent,
Pour changer de tenue et les petits enfants,
Diront : chouette, un château de sable !

Tantôt venant d'Espagne et tantôt d'Italie,
Tout chargés de parfums, de musiques jolies,
Le Mistral et la Tramontane,
Sur mon dernier sommeil verseront les échos,
De villanelle un jour, un jour de fandango,
De tarentelle, de sardane.

Et quand prenant ma butte en guise d'oreiller,
Une ondine viendra gentiment sommeiller,
Avec moins que rien de costume,
J'en demande pardon par avance à Jésus,
Si l'ombre de ma croix s'y couche un peu dessus,
Pour un petit bonheur posthume.

Pauvres rois pharaons, pauvre Napoléon,
Pauvres grands disparus gisant au Panthéon,
Pauvres cendres de conséquence,
Vous envierez un peu l'éternel estivant,
Qui fait du pédalo sur la vague en rêvant,
Qui passe sa mort en vacances.

Vous envierez un peu l'éternel estivant,
Qui fait du pédalo sur la vague en rêvant,
Qui passe sa mort en vacances !

-- Georges Brassens (1966)

08/07/2007

05/07/2007

05/07/07 - 00:49

La Mort des Innocents


Dans son dernier ouvrage, "La Mort des Innocents", Soeur Helen Prejean, évoque le dialogue qu'elle a entretenu avec Jean-Paul II et reproduit la lettre qu'elle lui a adressée pour qu'il intervienne en faveur d'un condamné à mort qu'elle accompagnait, Joseph O'Dell.

(...) Je vous remercie de vous être exprimé en faveur du condamné à mort Joseph O'Dell, actuellement détenu en Virginie. Bien qu'il me soit difficile d'établir un lien de causalité précis, il est indénaible que votre intervention lui a sauvé la vie car il n'a pas été exécuté le 22 décembre comme cela avait été prévu. Le 17 décembre, la Cour suprême des Etats-Unis, toujours prompte de nos jours à débouter les condamnés à mort, a voté à l'unanimité un sursis à l'exécution de Joseph O'Dell et décidé, à huit voix contre une, de lui accorder le droit à un réexamen de son affaire.

Joseph O'Dell est vivant. Bien que très ébranlé par l'épreuve qu'il a traversée. Il n'arrive plus à retenir ses larmes et ne cesse de répéter : "Ils ont voulu me tuer." Tandis qu'il attendait son tour, il a vu conduire à la mort deux autres prisonniers, dont l'un était un ami proche. Face à sa cellule se trouvait la salle des douches et il a assisté, pétrifié d'horreur, au spectacle de ses codétenus qu'on obligeait à se laver et à endosser leur tenue d'exécution avant d'être conduits à la mort. Joseph m'avait demandé d'être son conseiller spirituel et de l'accompagner dans ses derniers instants. A mesure que s'écoulaient les jours et les heures qui le rapprochaient inexorablement de l'échéance fatale, je ne cessais de regarder mon billet d'avion pour Richmond. Grâce à Dieu, je n'ai pas eu à m'en servir.

En Louisiane, j'ai déjà accompagné trois hommes à la chaise électrique et j'ai vu de mes yeux et touché de mes mains le masque de douleur du Christ chez les "plus petits de ses frères" que l'on conduisait à la mort. J'ai vu de près la peine capitale et il ne fait pour moi aucun doute que cette pratique relève de la torture. "Je suis fatigué", voilà ce que tous ces hommes m'ont confié au moment de mourir. C'est un fait que l'être humain doué de conscience anticipe sa fin et se voit mourir mille fois avant de rendre son dernier souffle. Rien n'y pourra changer, quelle que soit la méthode d'exécution "humaine" adoptée, y compris l'injection létale censée doucement les "endormir".

(...) Dans votre
Evangelicum Vitae, vos paroles sur la peine de mort m'ont mis du baume au coeur. Votre position affirmée en faveur de la vie, même lorsqu'il s'agit de criminels violents, encourage les dignitaires de l'Eglise à prôner les valeurs de l'Evangile pour s'opposer à la peine de mort. Je ne peux qu'espérer que ces paroles finiront par s'imposer dans les salles de catéchisme et dans les chaires des églises. Je me suis réjouie tout particulièrement des vos propos défendant la dignité et "le caractère sacré inviolable" de la vie humaine.

(...) Je dois cependant déplorer qu'à l'article 56 de votre lettre encyclique, vous reconnaissiez le droit des Etats à exécuter leurs citoyens "en cas de nécessité absolue". Je crains que certains, comme le catholique Harry Connick Jr., procureur de comté à La Nouvelle-Orléans, ne se servent des ces mots pour justifier leur empressement à appliquer la peine capitale. (...) Depuis l'époque de saint Augustin d'Hippone, l'un des premiers à avoir défendu que les "méchants" pouvaient être "contraints par le glaive", nous autres catholiques avons soutenu le droit des états à ôter la vie pour la défense du bien commun. Mais comme vous le soulignez dans votre encyclique, l'institution pénale a évolué et elle offre désormais aux sociétés le moyen de se protéger des criminels violents sans imiter cette même violence qu'elles prétendent abhorrer.

(...) Je prie pour que vienne le jour où l'opposition des catholiques aux exécutions capitales s'exprimera d'une même voix. Si je dis cela, c'est parce que je sais que le droit et la doctrine religieuse sont invoqués pour justifier et réclamer la peine de mort. Je peux en témoigner pour avoir assisté au spectacle des ces êtres humains exécutés par la main de l'Etat. "J'implore Dieu de m'aider à tenir sur mes jambes." Voilà ce que m'a dit chacun de ces condamnés s'apprêtant à marcher vers la mort et, du plus profond de mon âme, de ce lieu où le Christ irradie en moi, je me suis entendue leur répondre : "Regarde-moi, regarde mon visage, je serai le visage du Christ pour toi." Dans de tels instants, l'enseignement de Jésus est réduit à son essence la plus pure : la vie contre la mort ; la pitié et la compassion contre la vengeance. Je ne peux croire, Votre Sainteté, que le Christ ait voulu que nous sanctionnions la mort et la torture infligées par l'Etat, même aux plus monstrueux des criminels...


-- La Mort des Innocents, Un témoignage direct sur les exécutions arbitraires, Soeur Helen Prejean, Buchet- Chastel, Paris 2007, p.161

Soeur Helen Prejean (ci-dessous), qui participait au "die-in" organisé lundi 2 juillet face à l'ambassade des Etats-Unis à Paris, est l'auteur de "Dead Man Walking" (La dernière marche), porté à l'écran par Tim Robbins. Son rôle était interprété par Susan Sarandon.

03/07/2007

03/07/07 - 16:06

Hier, place de la Concorde


... mort à toute peine de mort.


Soeur Helen Prejean








The truth arrives disguised,
therein the sorrow lies

-- Jimmy Glass

02/07/2007

02/07/07 - 14:07

Ce soir, à 18h30...



... manifestation silencieuse ("die-in") contre la peine de mort aux Etats-Unis.

Cette manifestation organisée par Amnesty International et l'ACAT-France se déroulera devant l'Ambassade des Etats-Unis (Place de la Concorde).

01/07/2007

01/07/07 - 02:48

Then everybody'd be surfin'...


01/07/07 - 01:50

Gay Pride 2007


En déambulant dans les rues du Marais hier soir, littéralement prises d'assaut par une foule joyeuse et festive, j'ai eu une pensée pour Friedrich-Paul von Groszheim...

Friedrich-Paul von Groszheim



"[En 1936], peu après les Jeux olympiques de Berlin, une descente eut lieu dans notre maison, tout à fait par surprise. [...] On découvrit chez moi une pile de photos de garçons et on les remit à la police des moeurs.

"Mais, avant même qu'il s'ensuivit quoi que ce soit de cet événement, le 23 janvier 1937 on assista à l'une des rafles d'homosexuels les plus importantes de toute l'époque nazie. Ce jour-là, 230 pédés furent appréhendés à Lübeck. Quant à moi, on m'arrêta à l'aube, dans mon lit. Aucun d'entre nous n'avait été surpris en flagrant délit. Ce sont essentiellement les SS qui ont mené toute l'action, avec l'aide d'un mouchard que nous connaissions tous. Il était lui-même pédé et se promenait souvent le long de la Trave où il dénichait ses contacts. Je n'avais jamais rien fait avec lui, mais je le connaissais de vue.

"Ce qui se produisit ensuite, vous ne pouvez l'imaginer aujourd'hui. Nous fûmes tout d'abord emmenés à la prison de Lübeck. Les véritables interrogatoires ne commencèrent qu'en février. C'est alors que nous fûmes transférés au "Magasin de laine", c'est à dire à la centrale de la Gestapo, située près de la cathédrale de Lübeck. Là, j'étais dans une cellule glaciale, pleine d'excréments et d'urine. J'avais toujours sur moi les vêtements légers que je portais lorsqu'on m'avait arrêté. A plusieurs reprises ont vint me chercher, et j'eus droit à de terribles passages à tabac. On nous sommait de nous dénoncer mutuellement... Je n'ai pas crié, car, pour rien au monde, je ne voulais laisser voir à ces gens mon talon d'Achille... Une fois, ils m'ont tordu le cou, il y a eu un tel craquement au niveau de ma vertèbre cervicale que j'ai pensé : cette fois, c'en est fait de moi... Les coups et la trique, ça allait jusqu'à ce que le sang gicle...

"Après cela, on nous rejetait dans l'immonde cellule, toutes nos plaies ouvertes exposées à la saleté. Je ne pouvais même pas m'allonger car tout mon corps me faisait souffrir. Une fois, j'ai demandé l'assistance du brigadier : "Pourriez-vous m'aider à panser mes plaies ?" Me toisant de toute sa hauteur, il s'est contenté de répondre : "Je ne vois rien !" Cette mentalité était typique, c'était celle du parfait nazi...

"En novembre 1937, je fus condamné à neuf mois de prison pour infraction à l'article 175 qui réprimait l'homosexualité masculine. Comme j'avais déjà écopé de dix mois de détention préventive, je fus, après pourparlers, effectivement relaxé. Mais il va de soi que mon existence était ruinée, car je ne pouvais plus m'occuper de mes affaires de négoce. Je dois ajouter que la majorité de la population était clairement du côté des nazis. Les gens trouvaient cela parfaitement judicieux de procéder enfin à un "nettoyage" parmi les pédés. Pour nous, il n'y avait aucune compassion, rien.

"Dès 1938, je fus à nouveau arrêté, cette fois en pleine rue. J'étais tout à fait seul, complètement livré à moi-même. Ces humiliations et tourments constituent la période la plus terrible de ma vie. Le 25 novembre 1938, je fus soudainement libéré, mais on s'empressa d'ajouter : "Soit vous vous faites castrer, soit on vient vous chercher à nouveau !" L'opération fut réalisée le 15 décembre 1938..."

-- La Déportation des Homosexuels, onze témoignages, Allemagne 1933-1945, Lutz van Dijk, éditions H&0, 2000. Photo : Friedrich-Paul von Groszheim, castré pour homosexualité par le régime nazi à l'âge de 31 ans.


N'oublions pas que cela fut,
Non ne l'oubliez pas.

-- Primo Levi

01/07/07 - 01:27

Ah, ha, ha, ha!


I've been kicked around
since I was born.
And now it's all right. It's OK.
And you may look the other way.
We can try to understand
the New York Times' effect on man.

Whether you're a brother or whether you're a mother,
you're stayin' alive, stayin' alive.
Feel the city breakin' and everybody shakin',
and we're stayin' alive, stayin' alive.
Ah, ha, ha, ha, stayin' alive, stayin' alive!
Ah, ha, ha, ha, stayin' alive!

Well now, I get low and I get high,
and if I can't get either, I really try.
Got the wings of heaven on my shoes.
I'm a dancin' man and I just can't lose.
You know it's all right. It's OK.
I'll live to see another day.
We can try to understand
the New York Times' effect on man.

Whether you're a brother or whether you're a mother,
you're stayin' alive, stayin' alive !

[www]

 

"Quand les erreurs sont épuisées, est assis, dernier compagnon, en face de nous, le néant."
-- Bertold Brecht

"Le pire dans le pire, c'est l'attente du pire."
-- Daniel Pennac


Ein Nichts
waren wir, sind wir, werden
wir bleiben, blühend :
die Nichts-, die
Niemandsrose.

(Un rien,
voilà ce que nous fûmes, sommes et
resterons, fleurissant :
La rose de rien, la
rose de personne.)

-- Paul Celan













G. Delerue, Le Mépris







Yann Tiersen, Good bye Lenin







Maria Bethânia, Ronda







Maria Bethânia, Negue







Djamel Benyelles, She left home (Arabesques)







Johnny Cash, The City of New Orleans

















   

































"L'ennemi est bête. Il croit que l'ennemi, c'est nous, alors que c'est lui. J'en ris encore !"
-- Pierre Desproges


"Quiconque éprouve du plaisir à marcher en rangs serrés, au son de la musique est, pour moi, d'emblée, un objet de mépris. Il n'a reçu son cerveau que par mégarde puisque la moelle épinière lui aurait amplement suffi."
-- Albert Einstein


"But a resolution to avoid an evil is seldom framed till the evil is so far advanced as to make avoidance impossible."
-- Thomas Hardy


"Eternity is really long, especially near the end."
-- Woody Allen


"Interestingly, according to modern astronomers, space is finite. This is a very comforting thought - particularly for people who cannot remember where they left things."
-- Woody Allen


"Penser est la chose la plus malsaine du monde et on en meurt comme de quelque autre maladie."
-- Oscar Wilde


"I didn't know he was dead; I thought he was British."
-- Woody Allen


"Etre soi-même !... Mais soi-même en vaut-il la peine ?"
-- Paul Valéry


"Il me reste d'être l'ombre
parmi les ombres
d'être cent fois plus ombre que l'ombre,
d'être l'ombre qui viendra et reviendra
dans ta vie ensoleillée."
-- René Char


"Eternal nothingness is fine if you happen to be dressed for it."
-- Woody Allen


"Je ne sais si cela se peut ; mais je sais bien que cela est."
-- Molière


"Que a porta do meu quarto fique para sempre fechada
Que não se abra mesmo para ti se tu lá fores."
-- Mário de Sá-Carneiro


"How beggarly appear arguments before a defiant deed!"
-- Walt Whitman


"J'ai jamais tué d'chats
Ou alors ya longtemps
Ou y sentaient pas bon..."
-- Jacques Brel


Yo no soy yo.
Soy este
que va a mi lado sin yo verlo
que a veces voy a ver
y que a veces olvido.
El que calla sereno cuando hablo
el que perdona dulce cuando odio
el que pasea por donde no estoy
el que quedará en pie cuando yo muera
-- Juan Ramón Jiménez


On n'emmène pas de saucisses quand on va à Francfort.
-- Michel Audiard


Civilization and violence are antithetical concepts. Through violence you may murder a murderer, but you can't murder murder. Through violence you may murder a liar, but you can't establish truth. Through violence you may murder a hater, but you can't murder hate. Darkness cannot put out darkness, only light can do that.
-- Dr. Martin Luther King Jr.


Voici, je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui. Je souperai avec lui et lui avec moi.
-- Apocalypse 3:20


La plupart des gens ne meurent qu’au dernier moment, d’autres s’y prennent avec vingt ans d’avance et parfois davantage. Ce sont les malheureux de la terre.
-- Céline


"L'obsession du suicide est le propre de celui qui ne peut ni vivre ni mourir, et dont l'attention ne s'écarte jamais de cette double impossibilité."
-- Cioran


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