"Yo señor no soy malo aunque no me faltarían motivos para serlo. Los mismos cueros tenemos todos los mortales al nacer y sin embargo, cuando vamos creciendo, el destino se complace en variarnos como si fuésemos de cera y en destinarnos por sendas diferentes al mismo fin: la muerte. Hay hombres a quienes se les ordena marchar por el camino de las flores, y hombres a quienes se les manda por el camino de los cardos y de las chumberas. Aquellos gozan de un mirar sereno y al aroma de su felicidad sonríen con la cara del inocente; estos otros sufren del sol violento de la llanura y arrugan el ceño como las alimañas por defenderse. Hay mucha diferencia entre adornarse las carnes con arrebol y colonia, y hacerlo con tatuajes que después nadie ha de borrar ya." -- Camilo José Cela, La Familia de Pascual Duarte (1942)

31/03/2007

31/03/07 - 12:37

Continuité des parcs



Il avait commencé à lire le roman quelques jours auparavant. Il l'abandonna à cause d'affaires urgentes et l'ouvrit de nouveau dans le train, en retournant à sa propriété. Il se laissait lentement intéresser par l'intrigue et le caractère des personnages. Ce soir-là, après avoir écrit une lettre à son fondé de pouvoirs et discuté avec l'intendant une question de métayage, il reprit sa lecture dans la tranquillité du studio, d'où la vue s'étendait sur le parc planté de chênes. Installé dans son fauteuil favori, le dos à la porte pour ne pas être gêné par une irritante possibilité de dérangements divers, il laissait sa main gauche caresser de temps en temps le velours vert. Il se mit à lire les derniers chapitres. Sa mémoire retenait sans effort les noms et l'apparence des héros. L'illusion romanesque le prit aussitôt. Il jouissait du plaisir presque pervers de s'éloigner petit à petit, ligne après ligne, de ce qui l'entourait, tout en demeurant conscient que sa tête reposait commodément sur le velours du dossier élevé, que les cigarettes restaient à portée de sa main et qu'au-delà des grandes fenêtres le souffle du crépuscule semblait danser sous les chênes.
Phrase après phrase, absorbé par la sordide alternative où se débattaient les protagonistes, il se laissait prendre aux images qui s'organisaient et acquéraient progressivement couleur et vie. Il fut ainsi témoin de la dernière rencontre dans la cabane parmi la broussaille. La femme entra la première, méfiante. Puis vint l'homme, le visage griffé par les épines d'une branche. Admirablement, elle étanchait de ses baisers le sang des égratignures. Lui, se dérobait aux caresses. Il n'était pas venu pour répéter le cérémonial d'une passion clandestine protégée par un monde de feuilles sèches et de sentiers furtifs. Le poignard devenait tiède au contact de sa poitrine. Dessous, au rythme du cœur, battait la liberté convoitée. Un dialogue haletant se déroulait au long des pages comme un fleuve de reptiles, et l'on sentait que tout était décidé depuis toujours. Jusqu'à ces caresses qui enveloppaient le corps de l'amant pour le retenir et le dissuader, dessinaient abominablement les contours de l'autre corps, qu'il était nécessaire d'abattre. Rien n'avait été oublié : alibis, hasards, erreurs possibles. A partir de cette heure, chaque instant avait son usage minutieusement calculé. La double et implacable répétition était à peine interrompue le temps qu'une main frôle une joue. Il commençait à faire nuit.
Sans se regarder, étroitement liés à la tâche qui les attendait, ils se séparèrent à la porte de la cabane. Elle devait suivre le sentier qui allait vers le nord. Sur le sentier opposé, il se retourna un instant pour la voir courir, les cheveux dénoués. A son tour, il se mit à courir, se courbant sous les arbres et les haies. A la fin, il distingua dans la brume mauve du crépuscule l'allée qui conduisait à la maison. Les chiens ne devaient pas aboyer et ils n'aboyèrent pas.
A cette heure, l'intendant ne devait pas être là et il n'était pas là. Il monta les trois marches du perron et entra. A travers le sang qui bourdonnait dans ses oreilles, lui parvenaient encore les paroles de la femme. D'abord une salle bleue, puis un corridor, puis un escalier avec un tapis. En haut, deux portes. Personne dans la première pièce, personne dans la seconde. La porte du salon, et alors, le poignard en main, les lumières des grandes baies, le dossier élevé du fauteuil de velours vert et, dépassant le fauteuil, la tête de l'homme en train de lire un roman.

-- Julio Cortázar, Les armes secrètes, Editions Gallimard, 1963.

30/03/2007

30/03/07 - 20:20


Joyeux anniversaire
mon cher
BORIS !

Many Happy Returns!

30/03/07 - 20:06

Depuis neuf heures




Minuit et demi. L'heure a passé vite,
Depuis qu'à neuf heures j'ai allumé ma lampe,
Et suis parvenu à m'asseoir ici. Je suis resté sans lire,
Et sans parler. A qui aurais-je pu parler,
Moi qui vis seul dans cette maison ?

Le fantôme de ma jeunesse,
Depuis qu'à neuf heures j'ai allumé la lampe, est venu me trouver et me remettre en mémoire
Les parfums des chambres fermées
Et le plaisir passé – un plaisir d'une telle audace !
De même m'a-t-il remis sous les yeux
Des rues qu'on ne pourrait fréquenter aujourd'hui,
Des rendez-vous très fréquentés qui n'existent plus,
Et des théâtres qui ont fait leur temps.

Le fantôme de ma jeunesse
Est venu m'apporter aussi sa part de chagrin ;
Deuils de famille, séparations,
Opinions de proches, volontés
Des morts si peu respectées.

Minuit et demi. Comme l'heure a passé
Minuit et demi. Comme les années ont passé.

-- Constantin Cavafy, En attendant les barbares, (traduction de D. Grandmont)

29/03/2007

29/03/07 - 01:49

Au-delà de votre limite, ce billet n'est plus valable.







Contrôles d'identité répétés
Contrôles d'identité quotidiens
Fouilles au corps à la tête du client
A chaque trajet...
Aller
Retour
Sur place
Loitering
Loitering with intent

Contrôle des billets
Contrôle d'identité
Contrôle de routine
Contrôle du faciès
Contrôle
Contrôle
Contrôles

Au-delà de votre limite, ce billet n'est plus valable.

Bienvenue dans un monde UMP !
Bienvenue dans un monde sarkozien !

29/03/07 - 00:59

Atiraste uma pedra




Atiraste uma pedra no peito de quem
Só te fez tanto bem...
E quebraste um telhado,
Perdeste um abrigo
Feriste um amigo
Conseguiste magoar
Quem das mágoas te livrou
Atiraste uma pedra
Com as mãos que esta boca
Tantas vezes beijou

Quebraste o telhado
Que nas noites de frio
Te servia de abrigo...
Perdeste o amigo
Que os teus erros não viu
E o teu pranto enxugou...
Mas, acima de tudo
Atiraste uma pedra
Turvando esta água
Esta água que um dia
Por estranha ironia
Tua sede matou

-- Maria Bethânia











Maria Bethânia, Atiraste uma pedra


Tu as jeté une pierre contre celui
qui ne t'avait jamais fait que du bien...
Et tu as brisé un toit
Tu as perdu un abri
Tu as meurtri un ami
Tu es parvenu à blesser
Celui qui avait pansé tes blessures
Tu as jeté une pierre
Avec les mains que cette bouche
A si souvent embrassées

Tu as brisé le toit
Qui, par nuits froides,
Te procurait un abri...
Tu as meurtri l'ami
Qui avait ignoré tes erreurs
Et qui avait séché tes larmes...
Mais surtout
Tu as jeté une pierre
Et troublé l'eau
Cette eau qui un jour
Comble de l'ironie
Avait étanché ta soif

27/03/2007

27/03/07 - 04:37

Explode coração




Chega de tentar dissimular e disfarçar e esconder
O que não dá mais pra ocultar
E eu não posso mais calar
Já que o brilho desse olhar foi traidor
E entregou o que você tentou conter
O que você não quis desabafar
E me cortou

Chega de temer, chorar, sofrer, sorrir, se dar
E se perder e se achar
E tudo aquilo que é viver
Eu quero mais é me abrir
E que essa vida entre assim
Como se fosse o sol desvirginando a madrugada
Quero sentir a dor dessa manhã

Nascendo, rompendo, rasgando,
E tomando meu corpo e então eu
Chorando, sofrendo, gostando, adorando, gritando
Feita louca, alucinada e crianca
Sentindo o meu amor se derramando
Nao da mais pra segurar
Explode coração !

-- Maria Bethânia, (texte A. Velloso)












Maria Bethânia, Explode coração


Fini d'essayer de dissimuler, de déguiser et de cacher
Ce qui ne peut plus l'être
Je ne peux plus me taire
Depuis ce regard dont la lueur a trahi
Ce que tu essayais de retenir,
Ce que tu ne voulais pas que j'aperçoive,
Ce regard qui m'a blessée.

Fini d'avoir peur, de pleurer, de souffrir, de sourire, de me donner,
De me perdre, de chercher à comprendre
Ce que c'est que la vie.
Je veux m'ouvrir
Je veux que la vie entre comme ça
Comme le soleil qui déflore les brumes de la nuit
Je veux sentir la douleur de ce jour qui commence.

Je veux naître, éclater, prier
Sentir mon corps être pris et, pour cela,
Pleurer, souffrir, aimer, adorer, crier,
Devenir folle, hallucinée, redevenir une enfant
Et sentir l'amour se répandre en moi.
Quand il n'a plus rien pour se raccrocher
Le coeur explose !


27/03/07 - 04:00

Le pays où l'on rafle les enfants à la sortie de l'école...






...ça ne vous rappelle rien ?...
Français, vous avez la mémoire courte.

27/03/07 - 01:52



Pas besoin de nation,
Pas besoin de drapeau,
Pas besoin d'hymne,
Pas besoin de Marseillaise !

Exploités de tous pays,

UNISSONS-NOUS !

26/03/2007

26/03/07 - 16:22

Libre d'aller vers les Français


24/03/2007

24/03/07 - 03:54

Qui ?...




Qui prêtera la parole
A la douleur qui m’affole ?
Qui donnera les accents
A la plainte qui me guide ;
Et qui lâchera la bride
A la fureur que je sens ?

Qui baillera double force
A mon âme, qui s’efforce
De soupirer mes douleurs ?
Et qui fera sur ma face
D’une larmoyante trace
Couler deux ruisseaux de pleurs ?...


-- Joachim du Bellay, Les Regrets

22/03/2007

22/03/07 - 14:40



Il suffit de cliquer sur les bulles... Pour une version un peu plus jouissive, monter le son.

22/03/07 - 13:38

Caricatures de Mahomet

Le tribunal correctionnel de Paris a relaxé, jeudi 22 mars, à 13 h 30, Philippe Val, directeur de publication de Charlie Hebdo, poursuivi pour avoir publié des caricatures de Mahomet.

La Grande Mosquée de Paris (GMP) et l'Union des organisations islamiques de France (UOIF), parties civiles, auxquelles s'était jointe la Ligue islamique mondiale, estimaient que trois caricatures représentaient une "injure stigmatisant un groupe de personnes à raison de sa religion".

-- Source : LEMONDE.FR

22/03/07 - 00:22



Utilisez votre souris pour manipuler la pince à épiler et arracher les poils disgracieux.

22/03/07 - 00:14

La table voisine




Il doit avoir vingt-deux ans, pas plus.
Et pourtant, j'en suis sûr, il y a presque le même
nombre d'années, oui, j'ai possédé ce corps-là.

Il ne s'agit nullement d'une exaspération du désir.
Je viens, du reste, à peine d'entrer dans le casino ;
Je n'ai pas eu non plus le temps de beaucoup boire.
Ce corps-là, moi, je l'ai connu.

Et que je ne me rappelle pas où -- cela n'y change rien.

Ah, voilà, maintenant qu'il s'est assis à la table voisine,
je reconnais ses moindres gestes -- et sous les vêtements,
je revois nus les membres bien-aimés.


-- Constantin Cavafy, En attendant les barbares

21/03/2007

21/03/07 - 14:05



Cliquez sur l'image pour activer, puis déplacez la souris sur les personnages.

21/03/07 - 02:01

Antoine abandonné de Dieu


Quand soudain, aux environs de minuit,
tu entendras passer un cortège invisible,
avec des mélodies sublimes, ponctuées de clameurs –
alors sur ta fortune qui chancelle, sur tes œuvres
qui ont échoué, les projets de ta vie qui tous
se sont révélés n'être que chimères, ne te lamente pas en vain.
En homme prêt depuis longtemps, en homme courageux,
une dernière fois salue Alexandrie qui s'éloigne.
Surtout ne t'abuse pas, ne t'en va point dire
que ce n'était qu'un rêve, que ton oreille s'est méprise ;
à d'autres d'aussi sottes espérances.
En homme prêt depuis longtemps, en homme courageux,
comme il convient à qui pareille cité s'est livrée,
approche-toi résolument de la fenêtre,
et avec émotion, certes, mais sans
les plaintes et supplications des lâches, écoute,
dans une ultime jouissance, les sons inouïs,
les si doux instruments du mystérieux cortège,
et salue-la, cette Alexandrie que tu perds.


-- Constantin Cavafy, En attendant les barbares

20/03/2007

20/03/07 - 15:24

Cathy Henderson doit être exécutée au Texas le 18 avril


Cathy Henderson doit être exécutée au Texas le 18 avril 2007 pour un crime commis en 1994, le meurtre du petit Brandon Baugh, un nourrisson dont elle était la baby-sitter.

Si elle est exécutée, Cathy Henderson sera la douzième femme mise à mort aux Etats-Unis depuis le rétablissement de la peine capitale.

Cathy Henderson a toujours affirmé que la mort du bébé avait été accidentelle, qu'elle l'avait laissé tomber, ce qui avait provoqué une fracture du crâne, et qu'elle avait paniqué en constatant qu'elle ne parvenait pas à le réanimer. Elle avait alors enterré le corps du nourrisson et s'était enfuie dans le Missouri, où les autorités l'avaient capturée deux semaines plus tard.

Cathy Henderson explique qu'elle déplore profondément la mort de Brandon, et qu'il ne se passe pas une journée sans qu'elle regrette le chagrin qu'elle a causé aux membres de sa famille. Et d'ajouter : "Si seulement je pouvais faire quelque chose pour soulager leur peine. Peut-être le fait que je sois exécutée pour ce qui n'a été qu'un accident leur apportera-t-il un soulagement."

La conseillère spirituelle de Cathy Henderson est Sœur Helen Prejean, auteur réputé de "Dead Man Walking". Sœur Helen est persuadée que la mort de Brandon était accidentelle. Selon elle, le public doit comprendre que Cathy Henderson n'est pas un monstre. "Il est facile de tuer un monstre mais il est plus difficile de tuer un être humain," explique-t-elle.

La Cour suprême des Etats-Unis a rejeté le dernier appel de Cathy Henderson. Elle a formulé un recours en grâce auprès du gouverneur du Texas, Rick Perry, connu pour être, comme son prédécesseur G.W. Bush, un farouche partisan de la peine de mort.

Cliquez ici pour voir une interview de Cathy Henderson (Windows Media Player. 6'05").

Cliquez ici pour demander sa grâce au gouverneur du Texas.

Cliquez ici pour vous informer sur les condamnés à mort à travers le monde, ou soutenir un condamné à mort, via le site de Ensemble Contre la Peine de Mort.



20/03/07 - 02:27

Dans les escaliers




Tandis que je descendais l'escalier mal famé,
tu franchissais le seuil, et un bref instant
j'ai aperçu ton visage inconnu et toi, tu m'as vu.
Puis je me suis caché pour échapper à ton regard, et toi,
tu es passé rapidement en dissimulant ton visage,
pour t'engouffrer à l'intérieur de la maison mal famée
où pas plus que moi, tu ne trouverais le plaisir.

Pourtant l'amour que tu voulais, j'aurais pu te l'offrir ;
l'amour que je voulais -- ton regard las et tourmenté
me le disait assez -- tu aurais pu me le donner.
Nos corps le savaient et se cherchaient ;
notre sang, notre peau l'avaient compris.

Mais nous nous sommes cachés, malgré notre trouble commun.



-- Constantin Cavafy, En attendant les barbares (février 1904)

19/03/2007

19/03/07 - 16:57

The Kugelmass Episode



(...) Early the following afternoon, Kugelmass climbed three flights of stairs in a broken-down apartment house in the Bushwick section of Brooklyn. Peering through the darkness of the hall, he found the door he was looking for and pressed the bell. I'm going to regret this, he thought to himself. Seconds later, he was greeted by a short, thin, waxy-looking man.
"You're Persky the Great?" Kugelmass said.
"The Great Persky. You want a tea?"
"No, I want romance. I want music. I want love and beauty."
"But not tea, eh? Amazing. O.K., sit down."
Persky went to the back room, and Kugelmass heard the sounds of boxes and furniture being moved around. Persky reappeared, pushing before him a large object on squeaky roller-skate wheels. He removed some old silk handkerchiefs that were lying on its top and blew away a bit of dust. It was a cheap-looking Chinese cabinet, badly lacquered.
"Persky," Kugelmass said, "what's your scam?"
"Pay attention," Persky said. "This is some beautiful effect. I developed it for a Knights of Pythias date last year, but the booking fell through. Get into the cabinet."
"Why, so you can stick it full of swords or something?"
"You see any swords?"
Kugelmass made a face and, grunting, climbed into the cabinet. He couldn't help noticing a couple of ugly rhinestones glued onto the raw plywood just in front of his face. "If this is a joke," he said.
"Some joke. Now, here's the point. If I throw any novel into this cabinet with you, shut the doors, and tap it three times, you will find yourself projected into that book." Kugelmass made a grimace of disbelief.
"It's the truth," Persky said. "My hand to God. Not just a novel, either. A short story, a play, a poem. You can meet any of the women created by the world's best writers. Whoever you dreamed of. You could carry on all you like with a real winner. Then when you've had enough you give a yell, and I'll see you're back here in a split second."
"Persky, are you some kind of outpatient?"
"I'm telling you it's on the level," Persky said.
Kugelmass remained skeptical. "What are you telling me—that this cheesy homemade box can take me on a ride like you're describing?"
"For a double sawbuck."
Kugelmass reached for his wallet. "I'll believe this when I see it," he said.
Persky tucked the bills in his pants pocket and turned toward his bookcase. "So who do you want to meet? Sister Carrie? Hester Prynne? Ophelia? Maybe someone by Saul Bellow? Hey, what about Temple Drake? Although for a man your age she'd be a workout."
"French. I want to have an affair with a French lover."
"Nana?"
"I don't want to have to pay for it."
"What about Natasha in War and Peace?"
"I said French. I know! What about Emma Bovary? That sounds to me perfect."
"You got it, Kugelmass. Give me a holler when you've had enough."
Persky tossed in a paperback copy of Flaubert's novel.
"You sure this is safe?" Kugelmass asked as Persky began shutting the cabinet doors.
"Safe. Is anything safe in this crazy world?" Persky rapped three times on the cabinet and then flung open the doors.
Kugelmass was gone. At the same moment, he appeared in the bedroom of Charles and Emma Bovary's house at Yonville. Before him was a beautiful woman, standing alone with her back turned to him as she folded some linen. I can't believe this, thought Kugelmass, staring at the doctor's ravishing wife. This is uncanny. I'm here. It's her.
Emma turned in surprise. "Goodness, you startled me," she said. "Who are you?" She spoke in the same fine English translation as the paperback.
It's simply devastating, he thought. Then, realizing that it was he whom she had addressed, he said, "Excuse me. I'm Sidney Kugelmass. I'm from City College. A professor of humanities. C.C.N.Y.? Uptown. I—oh, boy!"
Emma Bovary smiled flirtatiously and said, "Would you like a drink? A glass of wine, perhaps?"
She is beautiful, Kugelmass thought. What a contrast with the troglodyte who shared his bed! He felt a sudden impulse to take this vision into his arms and tell her she was the kind of woman he had dreamed of all his life."Yes, some wine," he said hoarsely. "White. No, red. No, white. Make it white."
"Charles is out for the day," Emma said, her voice full of playful implication.
After the wine, they went for a stroll in the lovely French countryside.
"I've always dreamed that some mysterious stranger would appear and rescue me from the monotony of this crass rural existence," Emma said, clasping his hand. They passed a small church. "I love what you have on," she murmured. "I've never seen anything like it around here. It's so... so modern."
"It's called a leisure suit," he said romantically. "It was marked down." Suddenly he kissed her. For the next hour they reclined under a tree and whispered together and told each other deeply meaningful things with their eyes. Then Kugelmass sat up. He had just remembered he had to meet Daphne at Bloomingdale's. "I must go," he told her. "But don't worry, I'll be back."
"I hope so," Emma said.
He embraced her passionately, and the two walked back to the house. He held Emma's face cupped in his palms, kissed her again, and yelled, "O.K., Persky! I got to be at Bloomingdale's by three-thirty." There was an audible pop, and Kugelmass was back in Brooklyn.
"So? Did I lie?" Persky asked triumphantly.
"Look, Persky, I'm right now late to meet the ball and chain at Lexington Avenue, but when can I go again? Tomorrow?"
"My pleasure. Just bring a twenty. And don't mention this to anybody."
"Yeah. I'm going to call Rupert Murdoch." Kugelmass hailed a cab and sped off to the city. His heart danced on point. I am in love, he thought, I am the possessor of a wonderful secret. What he didn't realize was that at this very moment students in various classrooms across the country were saying to their teachers, "Who is this character on page 100? A bald Jew is kissing Madame Bovary?" A teacher in Sioux Falls, South Dakota, sighed and thought, Jesus, these kids, with their pot and acid. What goes through their minds!
Daphne Kugelmass was in the bathroom-accessories department at Bloomingdale's when Kugelmass arrived breathlessly. "Where've you been?" she snapped. "It's four-thirty."
"I got held up in traffic," Kugelmass said.
Kugelmass visited Persky the next day, and in a few minutes was again passed magically to Yonville. Emma couldn't hide her excitement at seeing him. The two spent hours together, laughing and talking about their different backgrounds. Before Kugelmass left, they made love. "My God, I'm doing it with Madame Bovary!" Kugelmass whispered to himself. "Me, who failed freshman English."
As the months passed, Kugelmass saw Persky many times and developed a close and passionate relationship with Emma Bovary. "Make sure and always get me into the book before page 120," Kugelmass said to the magician one day. "I always have to meet her before she hooks up with this Rodolphe character."

-- Woody Allen, The Kugelmass Episode, Side Effects, First Ballantine Books, 1981.

19/03/07 - 01:21

Le soleil de l'après-midi





Cette chambre, comme je la connais bien.
Elle est louée maintenant, avec celle d'à-côté,
à des agences commerciales. L'immeuble entier n'est plus
que des bureaux, courtage, import-export, et autres Sociétés.

Ah cette chambre, comme elle m'est familière.

Près de la porte, ici, se trouvait le canapé,
et devant lui un tapis turc ;
à côté, l'étagère et ses deux potiches jaunes.
A droite ; non, en face, une armoire à glace.
Au centre la table où il écrivait ;
et les trois grandes chaises de paille.
Près de la fenêtre se trouvait le lit
où nous avons fait l'amour si souvent.

Ces pauvres meubles doivent encore exister quelque part.

Près de la fenêtre se trouvait le lit ;
le soleil de l'après-midi lui arrivait jusqu'au milieu.

… Un après-midi à quatre heures, nous nous sommes séparés
pour une semaine seulement… Hélas,
c'est une semaine qui dure encore.


-- Constantin Cavafy, En attendant les barbares

17/03/2007

17/03/07 - 13:08

Rent














Pet Shop Boys, Rent











Lisa Minelli, Rent



You dress me up, I'm your puppet
You buy me things, I love it
You bring me food, I need it
You give me love, I feed it

And look at the two of us in sympathy
With everything we see
I never want anything, it's easy
You buy whatever I need

But look at my hopes, look at my dreams
The currency we've spent
I love you, you pay my rent

You phoned me in the evening on hearsay
And bought me caviar
You took me to a restaurant off Broadway
To tell me who you are

We never-ever argue, we never calculate
The currency we've spent
I love you, you pay my rent

I'm your puppet
I love it

And look at the two of us in sympathy
And sometimes ecstasy
Words mean so little, and money less
When you're lying next to me

But look at my hopes, look at my dreams
The currency we've spent
I love you, you pay my rent

Look at my hopes, look at my dreams
The currency we've spent
I love you, you pay my rent
It's easy, it's so easy

16/03/2007

16/03/07 - 17:45

Vieux démons




Transfuge de l'UDF tout juste ralliée à Nicolas Sarkozy, Simone Veil s'avoue "embarrassée par le ministère de l'immigration et de l'identité nationale" voulu par le candidat de l'UMP.

16/03/07 - 15:46



(Pour éviter toute confusion : ceci n'est pas une pub pour F. Bayrou, candidat de la droite qui-n'ose-pas-dire-qu'elle-est-de-droite. Le blog de Pire vous invite vivement à voter Ségolène ROYAL dès le premier tour !!!)

16/03/07 - 12:12

Trêve hivernale



Les expulsions locatives en France ont repris vendredi 16 mars à 6h, "la trêve hivernale" qui s'applique tous les ans du 1er novembre au 15 mars arrivant à expiration.

Cette mesure interdit toute expulsion de locataires durant les mois les plus froids de l'année.

Elle concerne 64 258 ménages sans droit, ni titre de logement et contre lesquels la justice a prononcé une expulsion, selon la Fondation de l'Abbé Pierre, qui dit s'appuyer sur des données du ministère de l'Intérieur.

La France compte 722 500 personnes en situation de loyers impayés depuis plus de deux mois, note l'organisation qui reprend des statistiques de l'Insee. -- Source : NouvelObs.com


15/03/2007

15/03/07 - 01:33

The Leaden Echo


HOW to kéep -- is there ány any, is there none such, nowhere known some, bow or brooch or braid or brace, láce, latch or catch or key to keep
Back beauty, keep it, beauty, beauty, beauty, ... from vanishing away?
Ó is there no frowning of these wrinkles, rankéd wrinkles deep,
Dówn? no waving off of these most mournful messengers, still messengers, sad and stealing messengers of grey?
No there 's none, there 's none, O no there 's none,
Nor can you long be, what you now are, called fair,
Do what you may do, what, do what you may,
And wisdom is early to despair:
Be beginning; since, no, nothing can be done
To keep at bay
Age and age's evils, hoar hair,
Ruck and wrinkle, drooping, dying, death's worst, winding sheets, tombs and worms and tumbling to decay;
So be beginning, be beginning to despair.
O there 's none; no no no there 's none:
Be beginning to despair, to despair,
Despair, despair, despair, despair.

-- Gerard Manley Hopkins, Poems, 1918.

15/03/07 - 01:07



Photo empruntée au kolkhose blog.

15/03/07 - 00:25

La navigatrice Maud Fontenoy...


...a bouclé son tour de l'hémisphère sud à contre-courant des vents dominants à 12h20, heure de Paris.

Mais obtiendra-t-elle pour autant ses cinq cents signatures ?...

14/03/2007

14/03/07 - 16:11

Mon politest

(si ça vous intéresse, sinon sautez le post...)

Vous vous situez à gauche.

Les partis dont vous êtes le plus proche (dans l'ordre) :

1. les Verts (tendance 'radicale')
Les Verts soutiennent la candidature de Dominique Voynet.

2. le Parti Communiste (le PCF)
Le Parti Communiste soutient la candidature de Marie-George Buffet.

3. le Parti Socialiste (l'aile gauche du Parti Socialiste)
Le Parti Socialiste soutient la candidature de Ségolène Royal.

Ouf !!!

14/03/07 - 16:07

Ca tombe bien !


Alain Marécaux, l'un des 13 acquittés de l'affaire d'Outreau, a de nouveau prêté serment pour être huissier.

Ca tombe bien ! Dès demain, il va pouvoir foutre à nouveau des gens à la porte de chez eux !

14/03/07 - 15:25

Tithonus




The woods decay, the woods decay and fall,
The vapours weep their burthen to the ground,
Man comes and tills the field and lies beneath,
And after many a summer dies the swan.
Me only cruel immortality
Consumes; I wither slowly in thine arms,
Here at the quiet limit of the world,
A white-hair'd shadow roaming like a dream
The ever-silent spaces of the East,
Far-folded mists, and gleaming halls of morn.

Alas! for this gray shadow, once a man--
So glorious in his beauty and thy choice,
Who madest him thy chosen, that he seem'd
To his great heart none other than a God!
I ask'd thee, "Give me immortality."
Then didst thou grant mine asking with a smile,
Like wealthy men who care not how they give.
But thy strong Hours indignant work'd their wills,
And beat me down and marr'd and wasted me,
And tho' they could not end me, left me maim'd
To dwell in presence of immortal youth,
Immortal age beside immortal youth,
And all I was in ashes. Can thy love
Thy beauty, make amends, tho' even now,
Close over us, the silver star, thy guide,
Shines in those tremulous eyes that fill with tears
To hear me? Let me go: take back thy gift:
Why should a man desire in any way
To vary from the kindly race of men,
Or pass beyond the goal of ordinance
Where all should pause, as is most meet for all?

A soft air fans the cloud apart; there comes
A glimpse of that dark world where I was born.
Once more the old mysterious glimmer steals
From any pure brows, and from thy shoulders pure,
And bosom beating with a heart renew'd.
Thy cheek begins to redden thro' the gloom,
Thy sweet eyes brighten slowly close to mine,
Ere yet they blind the stars, and the wild team
Which love thee, yearning for thy yoke, arise,
And shake the darkness from their loosen'd manes,
And beat the twilight into flakes of fire.
Lo! ever thus thou growest beautiful
In silence, then before thine answer given
Departest, and thy tears are on my cheek.

Why wilt thou ever scare me with thy tears,
And make me tremble lest a saying learnt,
In days far-off, on that dark earth, be true?
"The Gods themselves cannot recall their gifts."

Ay me! ay me! with what another heart
In days far-off, and with what other eyes
I used to watch - if I be he that watch'd -
The lucid outline forming round thee; saw
The dim curls kindle into sunny rings;
Changed with thy mystic change, and felt my blood
Glow with the glow that slowly crimson'd all
Thy presence and thy portals, while I lay,
Mouth, forehead, eyelids, growing dewy-warm
With kisses balmier than half-opening buds
Of April, and could hear the lips that kiss'd
Whispering I knew not what of wild and sweet,
Like that strange song I heard Apollo sing,
While Ilion like a mist rose into towers.

Yet hold me not for ever in thine East;
How can my nature longer mix with thine?
Coldly thy rosy shadows bathe me, cold
Are all thy lights, and cold my wrinkled feet
Upon thy glimmering thresholds, when the steam
Floats up from those dim fields about the homes
Of happy men that have the power to die,
And grassy barrows of the happier dead.
Release me, and restore me to the ground;
Thou seest all things, thou wilt see my grave:
Thou wilt renew thy beauty morn by morn;
I earth in earth forget these empty courts,
And thee returning on thy silver wheels.

-- Alfred, Lord Tennyson (1859). Photo : Franz dans le Rhin, Herbert List, 1929.

14/03/07 - 12:44

Le Pen obtient ses 500 signatures




Pour Raymond Barre récemment interrogé sur ces parrainages, "ce serait une honte pour la démocratie que Maurice Papon n'ait pas lui aussi ses cinq cents signatures !..."

13/03/2007

13/03/07 - 19:35



Dans sa première exhortation apostolique publiée mardi au Vatican, le pape interdit le mariage des prêtres et réaffirme son hostilité au mariage entre homosexuels, à l'avortement et à l'euthanasie. -- Source : Libération, 13 février 2007.

12/03/2007

12/03/07 - 17:26

Alcohol and ammo






Cliquez deux fois sur "start" pour commencer.

10/03/2007

10/03/07 - 19:46

Ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale


09/03/2007

09/03/07 - 14:31

L'UMP : des amitiés de trente ans...




Bienvenue dans un monde de droite !

08/03/2007

08/03/07 - 18:01

Pour une France moderne...




... tournée vers l'avenir et ouverte à tous !

08/03/07 - 17:20

Pull Marine


J'ai touché le fond d'la piscine
Dans l'petit pull marine,
Tout déchiré aux coudes
Qu'j'ai pas voulu recoudre,
Que tu m'avais donné.
J'me sens tellement abandonnée.

Y a pas qu'au fond d'la piscine
Qu'mes yeux sont bleu marine.
Tu les avais r'pérés
Sans qu'il y ait un regard
Et t'avais rappliqué.
Maintenant, je paie l'effet retard.

Avant de toucher le fond,
Je descends à reculons,
Sans trop savoir c'qui se passait dans le fond.

C'est plein d'chlore au fond de la piscine.
J'ai bu la tasse, tchin tchin.
Comme c'est pour toi, je m'en fous.
J'suis vraiment prête à tout.
T'avaler, que m'importe,
Si l'on me trouve à moitié morte.

Noyée au fond d'la piscine,
Personne ne te voyait
Sous mon p'tit pull marine,
M'enlacer, j't'embrassais
Jusqu'au point de non-retour,
Plutôt limite de notre amour.

Avant de toucher le fond,
Je descends à reculons,
Sans trop savoir c'qui se passait dans le fond.

Viens vite au fond d'la piscine
Repêcher ta p'tite sardine,
L'empêcher de se noyer,
Au fond d'toi, la garder,
Petite sœur traqueuse
De l'air de ton air amoureuse.

Si nous deux, c'est au fond dans la piscine,
La deux des magazines
Se chargera d'notre cas
Et je n'aurai plus qu'à
Mettre des verres fumés
Pour montrer tout c'que je veux cacher.

Retrouve-moi au fond d'la piscine
Avant qu'ça m'assassine
De continuer sans toi.
Tu peux compter sur moi :
J'te r'ferai plus l' plan d'la star
Qui a toujours ses coups de cafard.

J'ai touché le fond d'la piscine
Dans ton p'tit pull marine...

-- Paroles et musique de Serge Gainsbourg




*Petit message perso à mes correspondants qui doivent trouver que je ne corresponds pas beaucoup et que je les laisse un peu tomber... En ce moment, je bois la tasse, tchin tchin, et je n'ai pas encore touché le fond de la piscine... Merci de votre patience... Ce clip (qui me vaudra d'être traîné aux gémonies par certains sur GA car j'ai découvert qu'il existait un groupe "anti-Besson") revêt pour moi une signification toute particulière puisqu'il me renvoie au décès violent et prématuré d'un être cher, qui m'avait fait jurer, après multiples visionnages en commun de ce clip, de "l'empêcher de se noyer". Ne m'en veuillez pas de ce pathos : comme les cadavres, ce sont les souvenirs qui remontent après un certain temps...

06/03/2007

06/03/07 - 19:14

Manu




Eh, Manu, rentre chez toi,
Y a des larmes plein ta bière
Le bistrot va fermer
Et p'is tu gonfles la taulière
J'croyais qu'un mec en cuir
Ça pouvait pas chialer
J'pensais même que souffrir
Ça pouvait pas t'arriver
J'oubliais qu'tes tatouages et ta lame de couteau
C'est surtout un blindage
Pour ton cœur d'artichaut
Allez, déconne pas, Manu,
Va pas t'tailler les veines
Une gonzesse de perdue,
C'est dix copains qui r'viennent.

On était tous maqués
Quand toi, t'étais tout seul
Tu disais : "J'me fais chier,
J'voudrais sauver ma gueule !"
T'as croisé cette nana qu'était faite pour personne
T'as dit : "Elle est pour moi
Ou alors y a maldonne !"
T'as été un peu vite
Pour tatouer son prénom
A l'endroit où palpite ton grand cœur
De grand con.

Allez, déconne pas, Manu,
C'est à moi que tu fais de la peine
Une gonzesse de perdue,
C'est dix copains qui reviennent.

J'vais t'dire : on est des loups,
On est fait pour vivre en bande
Mais surtout pas en couple
Ou alors pas longtemps
Nous autres, ça fait un bail
Qu'on a largué nos p'tites
Toi, t'es toujours en rade avec la tienne
Et tu flippes, mais Manu, vivre libre,
C'est souvent vivre seul,
Ca fait pt'être mal au bide
Mais c'est bon pour la gueule.
Allez, déconne pas, Manu,
Ça sert à rien la haine
Une gonzesse de perdue,
C'est dix copains qui r'viennent.

Elle est plus amoureuse, Manu,
Faut que tu t'arraches
Elle peut pas être heureuse
Dans les bras d'un Apache
Quand tu lui dis je t'aime
Si elle te d'mande du feu
Si elle a la migraine
Dès qu'elle est dans ton pieu
Dis-lui qu't'es désolé
Qu't'as dû t'gourer de trottoir
Quand tu l'as rencontrée
T'as dû te tromper d'histoire
Allez, déconne pas, Manu,
Va pas te tailler les veines
Une gonzesse de perdue,
C'est dix copains qui r'viennent.

Allez, déconne pas, Manu,
Ça sert à rien la haine
Une gonzesse de perdue,
C'est dix copains qui r'viennent.

Allez, déconne pas, Manu,
C'est à moi qu' tu fais de la peine
Une gonzesse de perdue,
C'est dix copains qui reviennent.

Allez, déconne pas, Manu,
Déconne pas… Allez, Manu,
Déconne pas…

-- Renaud

06/03/07 - 13:42

De l'injustice à la justice


Après avoir dû démissionner suite à son emprisonnement, Alain Marécaux, l'ex-huissier acquitté dans l'affaire de pédophilie d'Outreau, devrait reprendre ses fonctions dès la semaine prochaine.

C'est le bon moment puisque les expulsions doivent reprendre dès le 15 mars. Voici un homme que l'expérience de l'injustice saura, à n'en pas douter, rendre plus humain dans l'application de la loi et la mise en oeuvre de ses procédures. Per justitiam ad justitiam.

Marre de ce monde de merde !...

05/03/2007

05/03/07 - 15:33

Witness to an Execution



The telephone that could bring a pardon or stay of execution at The Walls prison in Huntsville, Texas. Photograph by Andrew Lichtenstein.

Witness to an Execution tells the stories of the men and women involved with the execution of deathrow inmates at the Walls Unit in Huntsville, Texas. Narrated by Warden Jim Willett, who oversees all Texas executions, Witness to an Execution documents, in minute-by-minute detail, the process of carrying out an execution by lethal injection. Most of the Texas Department of Criminal Justice employees interviewed have witnessed over one hundred inmates be put to death. One-third of all executions in the US have taken place in Texas, since the death penalty was reinstated in 1977.

The voices in Witness to an Execution tell a rare story. Major Kenneth Dean, a member of the "tie-down" team, describes the act of walking an inmate from his cell to the death chamber. Jim Brazzil, a death house chaplain who has witnessed 114 executions, remembers inmates' last words to him. Former corrections officer Fred Allen discusses his own mental breakdown, caused, he says, by participating in one too many executions.

Witness to an Execution won a Peabody Award in 2000. Recorded in Huntsville, TX. Premiered October 20, 2000, on All Things Considered.

Click here to play the full audio piece (running time: 22:22 min) . Click here to visit "ON-AIR", an archive of Sound Portraits radio documentaries.




-- Ensemble Contre La Peine de Mort

04/03/2007

04/03/07 - 01:42




Leur plaisir défendu s’est accompli. Ils se sont levés du lit et s’habillent sans parler. Ils sortent furtivement de la maison, et, comme ils marchent un peu inquiets dans la rue, ils semblent craindre que quelque chose sur eux ne trahisse à quel genre d’amour ils viennent de se livrer.


-- Constantin Cavafy, En attendant les barbares.

03/03/2007

03/03/07 - 00:08

REMORDS




Ce sont des choses infimes : les
fenêtres qui battent au vent,
des suspensions de phrases dans
le souvenir d'un désir,
les cheveux dénoués
avec l'interrupteur qui
rétablit la lumière. Mais
c'est cela dont tu te souviens quand
il semble ne plus rien
avoir alentour de toi ; et la nuit,
qui pouvait t'envelopper
dans le linceul froid du silence
ultime, oublie que tu
existes. Alors, tu déroules
les images à l'intérieur de toi,
comme si tu pouvais encore vivre
chacune d'elles. Tu ne dors pas :
mais ce n'est que lorsque la lumière de l'aube
te rappellera qu'il fait jour,
et que tes paupières seront lourdes comme le
plomb, que tu pleureras
les heures blanches, le goût acide
du ressac, et l'amour que tu as perdu
dans l'hésitation d'une étreinte.


-- Nuno Júdice (traduit du portugais par M. Chandeigne)

03/03/07 - 00:04

Le ventre toujours fécond





02/03/2007

02/03/07 - 19:00




GETCHMIS OLSUN



JUDGE
I must sentence you, Vilyum Hiyes
to be imprisoned at Sagamilcar
for a term no less than thirty
years... Getchmis olsun

TRANSLATOR (OFF)
"I must sentence you, Vilyum Hiyes,
to be imprisoned at Sagamilcar for
a term no less than thirty years...
"Getchmis Olsun"

As he translates, the JUDGE unable to control his emotion
exits rapidly, not looking at Billy, followed by the two other judges.

TRANSLATOR (OFF)
"May it pass quickly."



02/03/07 - 14:28

Paradisiaque Thaïlande




Les exécutions en Thaïlande ont repris en 1995, après une suspension de fait qui a duré huit ans. La peine de mort est appliquée pour l’homicide et pour le trafic d'héroïne et d'amphétamines, surtout si les prisonniers sont jugés coupables après s'être déclarés innocents au début du procès. Une admission de culpabilité induira au contraire la « clémence » des juges, qui condamneront alors à des peines allant de 25 ans de réclusion à l’emprisonnement à vie au lieu de la condamnation à mort. Après le jugement final, l’exécution doit être suspendue pendant 60 jours pour permettre au condamné de présenter une demande de pardon au roi, et, dans les faits, la plupart des sentences capitales sont commuées par la grâce royale. Si le pardon est concédé, l’exécution est alors commuée en prison à vie. Lorsqu’une exécution est mise en œuvre, l'ordre d'exécution est généralement transmis le matin même et l’exécution se déroule dans l'après-midi. Une femme enceinte ne peut pas être exécutée jusqu’à ce que son enfant soit né.

Le 9 mai 2003, le Sénat thaïlandais a approuvé un projet de loi qui prohibe la condamnation à mort et la détention à vie pour les mineurs, une proposition qui avait été approuvée en première lecture par la Chambre le 20 novembre 2002. Les sanctions les plus lourdes pour les mineurs sont limitées à 50 ans de détention.

Les suspects en attente de leur procès font souvent l’objet de mauvais traitements et de tortures par la police. Les aveux obtenus dans ces conditions sont régulièrement utilisés au cours des procès même si les prévenus précisent qu’ils ont parlé sous la torture.

Le 19 octobre 2003, après 68 ans et 319 personnes exécutions par peloton (méthode d’exécution qui avait succédé à la décapitation), est entré en vigueur un amendement au Code pénal qui introduit l'injection létale comme méthode d'exécution. Le 12 décembre 2003, les premières exécutions par injection létale ont été mises en oeuvre dans la tristement célèbre prison de Bang Kwang, à l’encontre de trois personnes accusées de trafic de drogue et de l'auteur d'un homicide. Pour les exécutions, trois drogues sont utilisées : la première est un sédatif, la deuxième bloque les muscles et la troisième arrête le cœur.

Quatre exécutions ont eu lieu en 2003, toutes effectuées avec la nouvelle méthode de l'injection létale. En 2002 il y avait eu 9 exécutions, et 18 en 2001. Pour la deuxième années consécutive, en 2005, aucune exécution n’a été rapportée.

En 2004, selon la BBC, dans la seule prison de Bangkang, il y avait 7 000 détenus, dont 883 avaient été condamnés à mort, en majorité pour des crimes liés à la drogue.

En janvier 2006, deux pêcheurs thaïlandais ont été condamnés à mort pour le viol et le meurtre d’une étudiante galloise. Malgré le souhait de la mère de la victime de ne pas appliquer la peine capitale aux deux hommes, la cour a prononcé la sentence suprême au cours d’une procédure expéditive de moins de deux semaines. Le Premier ministre Thaksin Shinawatra s’était déclaré dans cette affaire en faveur de la peine capitale et pour un jugement rapide, car il redoutait des conséquences négatives sur l’industrie du tourisme.

La Thaïlande a ratifié le Pacte international sur les droits civils et politiques (avec une réserve à l’article 6, qui interdit la condamnation à mort de mineurs) ; la Convention sur les Droits de l’Enfant, et signé le Statut de la Cour Pénale Internationale (qui interdit le recours à la peine de mort).

-- Source : Ensemble Contre la Peine de Mort

Pétition : En 1997, deux sœurs de nationalité cambodgienne furent arrêtées pour possession de pilules de métamphétamines.
Avant leur arrestation, Montha, 27 ans, et Sai, 35 ans, vivaient des revenus de leur échoppe sur le marché de Had lek, à la frontière cambodgienne.
En 1997, victimes d’un véritable traquenard, elles ont été arrêtées pour détention de 100 000 pilules d’amphétamines, ce qu’elles ont toujours nié.
Condamnées à mort en 2001, leur verdict a été confirmé par la cour d’appel puis la Cour Suprême de Thaïlande.
Montha et Sai continuent d'espérer un nouveau procès et nourissent l'espoir de revoir un jour leur famille.
Montha est mère de trois enfants, dont un fils de 9 ans qu’elle n’a jamais revu depuis son arrestation...


Cliquez ici pour signer un appel au Roi de Thaïlande en faveur de la grâce de Montha, Sai et de tous les condamnés mort du royaume.

02/03/07 - 13:14

Iran : 177 exécutions en 2006 selon Amnesty International




Selon Amnesty International, 177 personnes auraient été exécutées en Iran en 2006, dont plusieurs par lapidation*.

Parmi les personnes exécutées figurent au moins quatre mineurs au moment des faits – alors que l’Iran a signé le Pacte international sur les droits civils et politiques, qui interdit l’exécution de mineurs de moins de 18 ans au moment de la commission des faits.

Amnesty Interntional dénonce également l’exécution de 19 personnes pour le seul mois de janvier 2007, tout en ajoutant que le nombre des suppliciés pourrait être en réalité bien supérieur au chiffre annoncé.

En outre, en 2006, l’Iran a renoué avec les lapidations, alors que les autorités n’avaient pas eu recours à cette pratique depuis 2002.

Il y aurait actuellement 24 condamnés à mort en Iran en attente de leur exécution, pour des faits commis alors qu'ils étaient légalement mineurs.

Enfin, selon le site d'information Iran-resist.org, les "pendaisons spectacles" organisées sur des places publiques devant de grands rassemblements de population permettent d'exercer une répression par la terreur dans le pays et de déguiser des éliminations politiques en exécutions légales.




-- Sources :
- Ensemble Contre la Peine de Mort (ECPM) ,
- Iran-resist.org,
- Amnesty International ,
- Lutte pour la Justice (LPJ)

*La lapidation jusqu’à ce que mort s’ensuive est le châtiment réservé à l’adultère :

- L’homme et la femme adultères, vêtus d’un linceul, sont enterrés dans un trou rempli de sable, l’homme jusqu’à la taille avec les bras dégagés, la femme jusqu’au-dessus des seins, et ils sont lapidés.

- La séance de lapidation est publique. Le code pénal de la République Islamique, articles 102 et 104, définit les conditions de la lapidation : « Les pierres utilisées pour infliger la mort par lapidation ne devront pas être grosses au point que le condamné meure après en avoir reçu une ou deux. Elles ne devront pas non plus être si petites qu'on ne puisse leur donner le nom de pierre. La taille moyenne est choisie généralement afin de faire expier la faute par la souffrance ».

- Les lapideurs doivent rester à distance d’une quinzaine de mètres de leur cible et choisir avec soin leurs pierres : les pierres coupantes sont choisies pour leurs arrêtes effilées qui provoquent les saignements les plus spectaculaires. Une pierre coupante doit de préférence être lancée au visage du condamné. Les pierres rondes nécessitent moins de précision car elles sont efficaces partout. Elles sont idéales pour briser les os et provoquer les hémorragies internes fatales.


02/03/07 - 01:44

This is my son, mine own Telemachus,
To whom I leave the sceptre and the isle, -
Well-loved of me, discerning to fulfil
This labour, by slow prudence to make mild
A rugged people, and thro' soft degrees
Subdue them to the useful and the good.
Most blameless is he, centred in the sphere
Of common duties, decent not to fail
In offices of tenderness, and pay
Meet adoration to my household gods,
When I am gone. He works his work, I mine.

02/03/07 - 00:47

POEME





La tristesse qui corrode tes phrases, dans
l'égouttement de la vie que nous n'avons pas eue, dans
le temps
que nous n'avons ni n'aurons, dans ce bruit
de papier tapissant les armoires et les
cagibis, dans les mots qui blessent
comme des pierres et des épines, dans le vent
balayant les champs de la mémoire,
dans la femme qui t'a regardé comme si
elle ne t'avait pas vu, et l'homme qui a dévié son regard
parce que ni le soleil ni l'amour ne peuvent
se regarder de face, cette tristesse s'abat sur mon âme,
me dérobe le rire de tes lèvres, m'enlace
à ta douleur aussi lointaine que l'horizon. Mais
j'ai besoin de t'entendre, même avec la tristesse de
tes phrases, avec l'écho des insomnies et des solitudes,
avec le désir qui tombe au milieu des silences
et des murmures : afin que ta voix demeure au-
dedans de moi, m'enivre de ta tristesse,
et me donne le rythme des phrases que la nuit corrode.


-- Nuno Júdice (traduit du portugais par M. Chandeigne)

 

"Quand les erreurs sont épuisées, est assis, dernier compagnon, en face de nous, le néant."
-- Bertold Brecht

"Le pire dans le pire, c'est l'attente du pire."
-- Daniel Pennac


Ein Nichts
waren wir, sind wir, werden
wir bleiben, blühend :
die Nichts-, die
Niemandsrose.

(Un rien,
voilà ce que nous fûmes, sommes et
resterons, fleurissant :
La rose de rien, la
rose de personne.)

-- Paul Celan













G. Delerue, Le Mépris







Yann Tiersen, Good bye Lenin







Maria Bethânia, Ronda







Maria Bethânia, Negue







Djamel Benyelles, She left home (Arabesques)







Johnny Cash, The City of New Orleans

















   

































"L'ennemi est bête. Il croit que l'ennemi, c'est nous, alors que c'est lui. J'en ris encore !"
-- Pierre Desproges


"Quiconque éprouve du plaisir à marcher en rangs serrés, au son de la musique est, pour moi, d'emblée, un objet de mépris. Il n'a reçu son cerveau que par mégarde puisque la moelle épinière lui aurait amplement suffi."
-- Albert Einstein


"But a resolution to avoid an evil is seldom framed till the evil is so far advanced as to make avoidance impossible."
-- Thomas Hardy


"Eternity is really long, especially near the end."
-- Woody Allen


"Interestingly, according to modern astronomers, space is finite. This is a very comforting thought - particularly for people who cannot remember where they left things."
-- Woody Allen


"Penser est la chose la plus malsaine du monde et on en meurt comme de quelque autre maladie."
-- Oscar Wilde


"I didn't know he was dead; I thought he was British."
-- Woody Allen


"Etre soi-même !... Mais soi-même en vaut-il la peine ?"
-- Paul Valéry


"Il me reste d'être l'ombre
parmi les ombres
d'être cent fois plus ombre que l'ombre,
d'être l'ombre qui viendra et reviendra
dans ta vie ensoleillée."
-- René Char


"Eternal nothingness is fine if you happen to be dressed for it."
-- Woody Allen


"Je ne sais si cela se peut ; mais je sais bien que cela est."
-- Molière


"Que a porta do meu quarto fique para sempre fechada
Que não se abra mesmo para ti se tu lá fores."
-- Mário de Sá-Carneiro


"How beggarly appear arguments before a defiant deed!"
-- Walt Whitman


"J'ai jamais tué d'chats
Ou alors ya longtemps
Ou y sentaient pas bon..."
-- Jacques Brel


Yo no soy yo.
Soy este
que va a mi lado sin yo verlo
que a veces voy a ver
y que a veces olvido.
El que calla sereno cuando hablo
el que perdona dulce cuando odio
el que pasea por donde no estoy
el que quedará en pie cuando yo muera
-- Juan Ramón Jiménez


On n'emmène pas de saucisses quand on va à Francfort.
-- Michel Audiard


Civilization and violence are antithetical concepts. Through violence you may murder a murderer, but you can't murder murder. Through violence you may murder a liar, but you can't establish truth. Through violence you may murder a hater, but you can't murder hate. Darkness cannot put out darkness, only light can do that.
-- Dr. Martin Luther King Jr.


Voici, je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui. Je souperai avec lui et lui avec moi.
-- Apocalypse 3:20


La plupart des gens ne meurent qu’au dernier moment, d’autres s’y prennent avec vingt ans d’avance et parfois davantage. Ce sont les malheureux de la terre.
-- Céline


"L'obsession du suicide est le propre de celui qui ne peut ni vivre ni mourir, et dont l'attention ne s'écarte jamais de cette double impossibilité."
-- Cioran


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